C’est quoi, vraiment, un yoga avancé ?

Quand on regarde le yoga à travers les réseaux sociaux, on pourrait croire que le niveau avancé se mesure à la hauteur d’un équilibre sur les mains ou à la profondeur d’un backbend. On voit des corps qui se plient comme de la soie, des postures qui ressemblent à des performances de cirque, des vidéos parfaitement montées où tout semble fluide, léger, presque irréel. Et à force de voir ces images, on finit par croire que c’est ça, le yoga avancé : aller toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus spectaculaire.

Mais ce que les réseaux ne montrent pas, ce sont les coulisses.

Les poignets douloureux après des répétitions silencieuses.

Les lombaires qui tirent quand on force un peu trop.

Les hypermobilités qui donnent l’illusion de la facilité mais fragilisent les articulations.

Les élèves qui s’épuisent à vouloir “ressembler” à ce qu’ils voient.

Les enseignants qui n’osent pas dire qu’eux aussi se sont blessés en cherchant à performer (ça sera le sujet d’un prochain post ).

Tous ces non‑dits qui flottent dans les studios, entre deux respirations.

Le yoga moderne a glissé vers une esthétique.

Une vitrine. Un spectacle.

Et pourtant, si tu demandes à quelqu’un qui pratique depuis longtemps — vraiment longtemps — il te dira que le yoga avancé n’a jamais été une question de forme extérieure. Il te dira que la posture la plus impressionnante n’a aucune valeur si elle t’éloigne de toi. Il te dira que la vraie profondeur ne se voit pas sur une photo.

Le vrai yoga avancé, c’est celui qui ne se voit pas.

C’est celui où tu respires dans chaque mouvement, même dans les plus simples.

Celui où tu sens ton souffle t’ouvrir de l’intérieur, millimètre par millimètre.

Celui où tu es capable d’écouter ton corps avec honnêteté, sans le pousser, sans le trahir.

Celui où tu peux rester dans Tadasana — juste debout — et sentir que tout est déjà là : l’ancrage, la présence, la stabilité, la vérité.

Le yoga avancé, c’est quand tu n’as plus besoin de prouver quoi que ce soit. Ni à toi, ni aux autres, ni à Instagram. C’est quand tu comprends que la posture n’est qu’un outil, jamais une finalité. Que la vraie pratique se joue dans l’espace intérieur, dans la qualité de ton attention, dans la manière dont tu habites ton corps.

C’est aussi une forme de maturité. La maturité de reconnaître que ton corps change, qu’il a des saisons, des jours où il s’ouvre et d’autres où il se protège. La maturité de ralentir quand tout le monde accélère. De revenir à la base quand ton ego voudrait aller plus loin.

De choisir la conscience plutôt que la démonstration.

Les réseaux sociaux ne montrent pas ça. Ils ne montrent pas la profondeur d’un souffle. Ils ne montrent pas la douceur d’un renoncement. Ils ne montrent pas la beauté d’un mouvement simple fait avec une présence totale. Ils ne montrent pas la vérité d’un corps qui dit “stop” et d’un esprit qui répond “je t’écoute”.

Le yoga avancé, c’est ça : un espace où tu reviens à toi.

Un espace où tu te rencontres.

Un espace où tu respires, vraiment.

Un espace où tu n’as plus besoin d’être spectaculaire pour être profond.

Parce que la vraie avancée, ce n’est pas d’aller plus loin dans la posture.

C’est d’aller plus loin dans la conscience.

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