J’ai voulu devenir spirituelle pour me guérir… et c’est tout le contraire qui s’est produit.
Il y a eu un moment de ma vie où je me suis réfugiée dans la spiritualité comme dans un abri.
Je pensais que si je méditais assez, si je respirais assez, si je devenais assez “élevée”, alors peut‑être que je pourrais enfin me sentir en paix.
En réalité… je fuyais.
Je fuyais la vie, je fuyais mon corps, je fuyais mes émotions.
Je me noyais dans des heures de yoga, comme si plus je pratiquais, moins j’aurais à ressentir.
Je me perdais dans des rituels, des pratiques, des injonctions “spirituelles” qui me donnaient l’impression d’être quelqu’un de bien, quelqu’un de “maîtrisé”.
Je refusais d’être moi.
Moi avec mes besoins, mes contradictions, mes envies, mes failles.
Moi avec mes émotions qui débordent parfois.
Moi avec ma sensibilité, ma faim, ma vie intérieure.
J’avais honte de celle que j’étais.
Honte de ne pas être parfaite, douce, lumineuse, alignée en permanence.
Alors j’ai construit une version “idéale” de moi-même.
Une version spirituelle, disciplinée, presque irréprochable.
Une version qui ne dérange personne.
Une version qui ne ressent presque plus rien.
Mais vivre, ce n’est pas ça.
Vivre, c’est accepter toutes les émotions qui nous traversent.
Même celles qui font mal.
Même celles qui bousculent.
Même celles qui réveillent des parts de nous qu’on aurait préféré oublier.
Et puis un jour, j’ai commencé à ouvrir les yeux.
Pas d’un coup.
Pas dans un moment de grâce.
Mais petit à petit.
Comme si la vie me murmurait :
“Tu peux revenir. Tu peux être toi. Tu as le droit.”
J’ai compris que je pouvais arrêter de me purifier, de me contrôler, de me punir.
Que je pouvais descendre de cette version trop parfaite que j’avais fabriquée.
Que je pouvais redevenir humaine.
Simplement humaine.
Et c’est là que tout a commencé à changer.
Quand j’ai accepté de sentir.
Quand j’ai accepté de revenir dans mon corps.
Quand j’ai accepté d’être moi — vraiment moi — avec mes défauts, mes qualités, mes excès, mes élans, mes ombres et ma lumière.
Et aujourd’hui, c’est exactement ça que j’enseigne , dans mes cours mais aussi mes consultations.
Parce que guérir, ce n’est pas se transformer.
C’est se retrouver.