Je mérite
Je mérite.
Je mérite d’être aimée dans mon entièreté — pas seulement dans ce que je montre, pas seulement dans ce qui rassure les autres.
Je mérite d’être aimée dans mes zones d’ombre, dans mes contradictions, dans mes fragilités, dans mes élans.
Je mérite un amour qui ne me demande pas de me taire, de me réduire, de me lisser.
Je mérite d’être vraie.
D’être authentique, vivante, mouvante.
Je mérite de parler, de dire non, de dire oui, de changer d’avis, de prendre de la place.
Je mérite de bouger comme mon corps en a besoin, pas comme on m’a appris à le contrôler.
Je mérite de vivre avec toutes mes facettes — même celles que j’ai longtemps jugées, cachées, étouffées.
Je mérite de sentir que mon corps n’est pas un champ de bataille, mais un lieu de retour, un lieu de vérité, un lieu de paix possible.
Je mérite de me regarder sans me punir.
Sans me comparer.
Sans me détester.
Je mérite la douceur.
Je mérite la tendresse.
Je mérite la sécurité.
Je mérite la liberté intérieure, celle qui ne dépend pas du poids, du miroir, du regard des autres.
Je mérite d’exister.
Pas en fonction de ce que je fais.
Pas en fonction de ce que je pèse.
Pas en fonction de ce que je donne.
Mais simplement parce que je suis là.
Et même si aujourd’hui j’ai du mal à y croire, même si ça me semble loin, même si ça me serre le cœur…
je mérite quand même.
Je mérite déjà.
Je mérite depuis toujours.